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le Piton des Neiges au-dessus des nuages, 
le volcan régulièrement en éruption,
un paille en queue,
faire du flysurf à la Réunion,
une case créole typique



Revue de presse Grand Raid 2001 : magazine « Endurance » n° 30 de décembre 2001

« Du battant des lames au sommet des montagnes »

Lorsqu’il y a quelques années le Réunionnais Jacky Murat courut les 200 km de bitume non-stop du tour de son île par le bord de la mer, sans rien retirer à sa performance, celle-ci ‘enthousiasma pas les foules outre mesure. Quand il s’agit par contre de traverser la même île de bout en bout par l’intérieur, les inscriptions sont bouclées en quelques jours et tout ce que l’île compte de coureurs et randonneurs avertis se met subitement au rythme du Grand Raid. Jacky Murat coureur d’ultra se retrouve lui-même emporté dans la mouvance et à chaque fois encore au départ, dos à la mer et face à la montagne, le quadriceps affûté pour gravir les sentiers et dévaler les ravines. Phénomène étrange. Peut-être parce qu’à bien y regarder cette île est plus qu’une île, pas un simple caillou entouré d’eau. L’île de la Réunion est une montagne posée sur la mer ...

Une montagne toujours présente, parfois menaçante et qui a de tout temps compté dans le quotidien du Réunionnais.

le Grand Raid de la Réunion traverse l'île du Sud au Nord, en passant par le Volcan et les trois cirques (Cilaos, Mafate et Salazie)

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  Au moment de distribuer la terre aux esclaves affranchis, on usait de ce procédé dépouillé : chaque postulant propriétaire plantait deux bois au ras des flots pour délimiter la largeur de son futur terrain. Après quoi, devant témoins, on le chargeait d’un pesant sac de galets sur le dos avant qu’il ne s’attaque au flanc de la montagne en direction des sommets. Jusqu’à épuisement. Là où tombaient l’homme et son chargement s’arrêtaient les limites de sa terre. Les plus forts atteignaient les cimes et le titre de propriété précisait alors « du battant des lames au sommet des montagnes ». Certains actes notariés portent encore aujourd’hui la formule.

  A l’heure où Saint-Denis (et la côte Ouest) s’étrangle quotidiennement dans les embouteillages, l’intérieur de l’île se mérite et se gagne toujours à la force du mollet, à l’assaut des sommets. Qu’on soit coureur ou marcheur, on échappe difficilement à l’appel du Grand Raid, devenu tellement incontournable qu’on se bouscule à l’inscription. Avant de gagner sa médaille, il faut gagner son dossard. A l’ouverture des engagements, en moins de deux semaines on affiche complet, le quota de dossards réservé aux locaux explose. Le phénomène s’étend désormais à la métropole puisqu’ils étaient près de 900 cette année, prêts à endurer 11h de vol pour vivre la grand fête du Grand Raid. Marche des Cimes à l’origine, Grande Traversée  ou Course de la Pleine lune par la suite, simpliste « Grand Raid » aujourd’hui, comme pou mieux dissimuler les chiffres. La topographie est restée impassible et les 8000 m de dénivelé positif ne se sont en rien érodés même si les appellations ont changé : un raccourci les réunit toutes : « la Diagonale des fous ».

La formule-choc est reprise à l’envi par journalistes spectateurs, concepteurs de l’épreuve et , plus grave, par les coureurs eux-mêmes. Alors quoi ? Faut-il être déjanté pour oser se lancer à l’assaut de cette diagonale infernale ?

Corinne Favre dans la descente vers la Plaine des Cafres, après le passage au Piton TextorIci comme partout on vit, on rit, on pleure ... On comprend vite qu’on rit d’ailleurs beaucoup plus souvent qu’on pleure. Même face à l’adversité. Pas étonnant alors que La Réunion ait adopté Corinne Favre. Dans le milieu de la course de montagne on ne la présente plus. Pas plus qu’ici, à 10.000 km de sa Savoie natale. Son invincibilité, sa classe, ses éclats de rire ont conquis l’île. A l’issue de sa première victoire en 97 elle avait déclaré que cette course était la plus dure au monde, la plus terrible de celles auxquelles elle avait participé jusqu’alors. Une seconde suivit, puis une troisième ... Trop dur ! La série s’arrêterait là, promis ... Après une rupture partielle d’un tendon d’Achille fin hiver 2000 elle est revenue, peut-être encore plus forte. Des victoires à la pelle ont fleuri sur les pentes cet été et Corinne est repartie une nouvelle fois chevaucher la Diagonale. On lui promettait cette fois quelques rivales, une Ethiopienne, une Italienne ... De toute la course elle n’a vu que des hommes ! Quelques-uns devant (pas beaucoup !) et des centaines à ses basques. Entraînée dans la meute masculine et le rythme suicidaire du début de course, elle est passée au Volcan très en avance sur ses chronos passés; encore 100 km devant. Elle a su calmer le jeu et laisser passer l’orage tropical : à Cilaos elle pointait à la 31° place, ses adversaires n’étaient plus que des hommes, son allié la montagne.

Cilaos. Au pied du Piton des Neiges enveloppé de nuages, la petite commune fleurie et paisible , encaissée au fond du cirque, apparaît comme un oasis au sortir d’une première moitié du parcours qui a forcément déjà passablement attaqué les corps. C’est le premier gros poste de ravitaillement où ceux qui ne veulent rien perdre des paysages et qui ont choisi de ne progresser que de jour, ont programmé une nuit « complète » de sommeil. Tous ceux qui ont déjà terminé le Grand Raid le savent et le répètent aux néophytes : la course commence à Cilaos. Et pourtant ...

  Beaucoup de ces fous tanguent déjà de part et d’autre de la trajectoire. La belle diagonale se tord, se brise net parfois et la trop accueillante bourgade marque alors la fin non programmée du voyage. Les dortoirs se remplissent de corps trop tôt désarticulés. A Cilaos, Pascal Parny est passé le premier, déjà seul, en tête depuis le Volcan. Lorsque Cléo Libelle, deux fois vainqueur et éternel placé, a vu Parny démarrer dans la montée vers la Fournaise, il ne l’a pas reconnu et s’est dit « celui-là on va le revoir bientôt ». Parny n’est pourtant ni un débutant ni un inconnu parmi les spécialistes des courses de montagne à la Réunion, déjà second en 97 derrière Patrick Maffre (voir classement et compte rendu du GR97). Mais depuis quatre ans, il a eu tout le temps de se faire oublier. Trop de pression après sa seconde place, l’abandon en 99 et enfin la blessure et le trou noir. Il s’est fait rare dans les pelotons, a disparu des têtes des classements. Son tempérament discret et son physique fluet l’ont enfoncé encore plus loin dans l’oubli, rarement cité parmi les favoris 2001. Alors très tôt il est parti seul devant, pour mieux profiter de sa montagne et du silence, pour retrouver l’esprit des longues marches solitaires sur lesquelles il a construit sa préparation. A mi-course, les métros Vincent Delebarre et Benoît Laval sont encore dans le coup (2° et 4° à 9 et 10 mn seulement  de Parny). L’escale à Cilaos est brève avant d’attaquer de nouvelles pentes étroites. Trop brève peut-être ? le col du Taïbit, une rude grimpette de 950 m d’ascension sur 4 km , leur sera fatal à tous les deux. Ils vous avaient pourtant prévenu : la course commence à Cilaos, le pire est à venir ...

  Ce n’est pas faute de participations sur tous les grands trails français et pourtant l’Agenais Claude Escots et l’Ancilevien Lionel Exhertier n’avaient jamais couru ensemble. La rencontre s’est produite à 10.000 km des Alpes, précisément sur les pentes du Taïbit. C’est le début de l’après-midi et après s’être plusieurs fois passés l’un l’autre, ils décident de s’unir et de courir ensemble. Taïbit, Marla, Grand Ilet, Roche Ecrite, Gîte des Chicots, Colorado ... Autant de noms vides de sens il y a seulement deux jours, désormais associés à des images et des encouragements qu’ils n’oublieront jamais. Celles des bénévoles qui vont passer deux nuits froides et folles à distribuer soupe et réconfort. Ils passeront dix heures ensemble, foulée dans foulée, tantôt devant tantôt derrière, tout le temps de se découvrir à coups de brefs échanges. Exhertier a déjà abandonné le Grand Raid à deux reprises et, il y a deux ans, à seulement 15 km du but ! Alors l’angoisse ne le quitte pas. Escots va mieux mais se refuse à partir seul. Ils finiront 9ème ex-aequo en 19h 08, laissant l’honorifique place de premier métro à Dominique Bergar, 5ème et 30 mn devant.

A l’heure d’analyser les temps de passage, ils se demandent comment il est humainement possible de prendre encore 45 mn supplémentaires dans la vue sur les 25 derniers km qu’ils ont dévalé en prenant tous les risques. Les meilleurs Réunionnais sont descendus, eux, comme des cabris, suivant l’expression consacrée. La comparaison est facile .... , reste que la technique relève de l’acrobatie.

Marie Chantal Emonidès, venue de la Martinique, n'a dû son salut qu'à une épaule généreuse et à une paire de bâtons qui lui ont permis d'aller au bout des 125 kilomètres.Cette course est sans pitié, même pour les meilleurs, même pour ceux  habités par une certaine démence, celle-là par exemple qui conduit à tourner e rond pendant deux tours d’horloge. Christiane Lecerf et Max Granier sont en équipe de France des 24 heures, « en vacances » à la Réunion, histoire de tester cette course dont on parle tant et tellement à l’opposé de leur discipline de prédilection avide de dénivelé zéro. Sous les tentes du Stade de la Redoute, Max s’endort dans son assiette de cari poulet à côté de Christiane qui geint, broyée par le poids de la Roche Ecrite. Elle l’a rebaptisée » Roche Désirée ». Trois petits kilomètres, 1025 m de dénivelé  (!), un pan de mur trop bien caché sous la végétation. Ils se classeront tous les deux entre 32 et 33 heures, le même temps qu’un bon randonneur régulier. Quand la montagne s’amuse et se joue des chronos ...

  Devant, Pascal Parny a piégé tous les favoris. Plus personne ne le reverra jusqu’à la remise des prix officielle du dimanche soir. Parce qu’il fuit les micros et les honneurs, parce que le lendemain de sa victoire (le samedi !) , il a repris son travail à la caserne des pompiers. Avant lui, en douze éditions des précédentes traversées, ils ont été seulement cinq à inscrire leur nom au palmarès, ayant tous doublé ou triplé leur victoire à l’exception de Thierry Techer, vainqueur en 2000 qui s’est brûlé les ailes cette année sur les bords du Volcan.

Pascal Parny sera donc le sixième vainqueur de la grande épopée, mais il ne reviendra pas. C’est en tout cas ce qu’il dit. Car la course, il n’aime pas ça, son vrai plaisir c’est la randonnée. (il a tenu parole ! voir le lien vers le raid 2002) . Le podium 2001 restera l’affaire des Réunionnais. Derrière Parny, Charles Fontaine finira encore plus vite que le vainqueur dans la descente du Colorado vers l’arrivée à la Redoute. Il aura finalement vécu la même course Pascal Parny savoure sa victoireque Parny, jamais à plus d’un quart d’heure d’écart. Douze minutes seulement à l’arrivée après seize heures de corps à corps avec l’île. La gloire pour Parny, un nouvel accessit pour Fontaine. A chaque participation, celui-ci se rapproche de la victoire et si Parny tient sa promesse, c’est bien lui qui risque de supporter la pression l’an prochain. A 47 ans Jacky Murat a les tempes blanchies et il n’a que faire de cette pression. Il possède la sage patience qui permet de grignoter sans faiblir les dénivelés et les places au classement. Avec toute sa superbe, il vient se classer une nouvelle fois parmi les meilleurs , 4 ème à deux heures du vainqueur et juste derrière Cléo Libelle, vainqueur en 98 et 99.

Après sa 4ème victoire Corinne Favre confirme que le Grand Raid demeure l’épreuve la plus exigeante qu’elle connaisse. En 20h 56’ et 23ème au scratch elle bonifie encore son meilleur chrono de près de deux heures malgré des portions très boueuses et glissantes cette année. Trente six heures plus loin, Max Bertil au terme de sa traversée de deux jours et demi avoue dix participations et neuf « victoires ». A la suite des huit précédentes encoches déjà gravées sur sa canne de marcheur, il va pouvoir rajouter de la pointe de sa lame « GR 2001 ». A 71 ans, il jure lui aussi que c’est la dernière, qu’il va enfin écouter la voix de la raison. Quelques mots sur la ligne, l’accolade du président Robert Chicaud, une de plus, et puis il s’éloigne, seul, d’un pas fatigué mais ferme, le dos voûté. On espère presque qu’il dise vrai mais on hésite pourtant à le croire.

Texte J.B.Jaouen

Photos Y.M. Quemener.

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