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ARTICLE du JIR du 07/08/2002


Amertume, quand tu nous tiens


Jacky Murat, déclassé du Grand Raid alors qu’il avait gagné

Jacky Murat, déclassé du Grand Raid alors qu’il avait gagné ! En 1994, Jacky Murat franchissait la ligne d’arrivée du Grand-Raid en vainqueur. Pour une sombre histoire de carte non pointée, le coureur de la Plaine des Palmistes était disqualifié. Encore aujourd’hui, il estime avoir été lésé.
Et se proclame vainqueur.
Le Palmi-plainois incarne à merveille la simplicité. Durant son heure de pause, le midi, il débarque en short et débardeur, comme s’il allait courir, afin de répondre à nos questions. Tranquillement, avec détachement, voire même une certaine désinvolture, cet athlète hors du commun revient sur une carrière qui l’a vu briller… à la Réunion. Et sur le Grand-Raid, cette diagonale des fous, qu’il a domptée à une reprise.

 

C’était en 94. Jacky Murat raconte : «Cette année-là, j’étais fort, très fort. Je survolais le parcours. A dire vrai, je n’ai jamais retrouvé cette facilité en compétition. J’avais pas loin d’une heure d’avance sur le second. En fait, j’étais très en avance sur l’horaire. Trop pour certains pointeurs qui n’étaient pas à leur poste. A un ravitaillement, il n’y avait personne. Je suis allé me ravitailler dans un bar».
Là, les soucis commencent. L’homme, qui court par pur plaisir, ne voulait pas attendre ces messieurs pas vraiment pressés. «J’ai pointé à Cilaos, explique-t-il. En revanche, à la Plaine d’affouches, c’était fermé. Les pointeurs étaient dans le sentier, plus haut. En retard. Il me semble que je les ai croisés. Ils ne pensaient quand même pas que j’allais attendre. En plus, le parcours était mal balisé».
«TOUT ÇA POUR RIEN»
Le bonhomme a du caractère. «Quand je me suis présenté à l’arrivée, tout le monde pensait que j’avais gagné, témoigne-t-il. Moi aussi. Mais Marie-Louise, le second, a porté plainte pour toucher la prime du vainqueur. Plus de trois heures après la fin de mon périple, j’étais disqualifié. Comment l’ai-je pris ? Je me suis dit : “mince, tout ça pour rien”. Faire cette grande traversée seul et finir loin devant les autres pour être éliminé, c’était dégueulasse (sic). Au moins, si les organisateurs avaient fait correctement leur travail, ils auraient pu m’arrêter sur le parcours, plutôt que d’attendre la fin. Mais bon, de toute façon, l’organisation a été défaillante».
Jacky Murat ne mâche pas ses mots. Il appuie là où cela fait mal. «Cette année-là, le Grand Raid se terminait à la Possession. Cela reste le parcours le plus long. Un parcours que j’ai survolé», ajoute-t-il. Avant de poursuivre : «J’ai pris un gros coup derrière la tête. Ce n’est pas normal d’être déclassé alors que l’on n’a absolument rien à se reprocher. Officiel ou pas, ce classement, en 94, je l’avais gagné. Mais je suis passé à côté des 2 500 ou 3 000 francs de prime. A l’époque, j’étais au chômage. Cet argent, cela m’aurait bien aidé».
S’il assure ne pas courir après le cachet, Jacky n’admet pas d’être passé à côté d’une somme qui lui était due. «Cette course, hors du commun, il faut la préparer. Trois mois auparavant, à peu près. Je l’avais bien dans la tête et dans les jambes. La distance, très longue, me convient plutôt bien. D’ailleurs, l’année d’après, j’ai terminé second».

«QUELQU’UN DE NET»

Derrière, une fois encore, Marie-Louise. «A l’arrivée, il a dit que c’était une vraie victoire, en comparaison de la première. Par ces mots, il reconnaissait mon succès. D’ailleurs, je sens bien qu’il regrette son geste. Personnellement, un coup comme cela, je ne l’aurais jamais fait. Je suis quelqu’un de net, incapable de jouer avec cela. Cette histoire, je l’aurais traînée comme un boulet pendant très longtemps».
Quand Murat croise Marie-Louise, l’électricité est, encore aujourd’hui, palpable. «Quand on se voit, c’est un peu froid, sourit Jacky. Nous ne sommes pas de grands potes, même si on se dit bonjour. Finalement, je ne lui en veux pas. J’en veux plus à l’organisation qui n’a jamais réellement reconnu mon succès. Elle disait que cela discréditerait la course par rapport aux médias, aux sponsors. Mais bon, quand on commet une erreur, on l’assume». Un brin orgueilleux, Jacky Murat conserve dans un coin de la tête cette année 94 qui l’a vu voler à travers la Réunion. «Ce n’est certainement pas après la médaille et les honneurs que je courais, lâche-t-il. Dès que je gagne quelque chose, je le donne. A peine vais-je conserver les coupures de presse. D’ailleurs, j’ai une cassette à la maison où l’on me voit courir. Eh bien, je n’arrive pas à me regarder. Je suis gêné. Je n’ai jamais pu comprendre pourquoi. C’est ainsi, je suis comme ça».

MOINS ENVIE

A tout juste 48 ans, Jacky ne devrait plus flirter avec la première marche du podium sur le Grand Raid. Quoique : «Une victoire est encore possible, assure-t-il, même si cela devient chaque année un peu plus compliqué. En plus, mon travail communal me fatigue. Je ne parviens plus à m’entraîner comme avant. Le soir, lorsque je dois aller courir, je manque parfois de force. J’ai vraiment baissé mon rythme d’entraînement».
L’an dernier, encore bien placé (4e), Jacky s’est montré. Cette année, il ne semble pas prêt à lutter avec les meilleurs. «C’est le marathon de Saint-Paul, début septembre, qui retient mon attention, glisse-t-il. J’espère descendre en dessous des 2h40. Après, le Grand Raid, j’aurai le temps d’y penser».
On ne sent plus la fougue dans sa voix. L’homme est-il blasé ? Peut-être bien : «Le parcours, je le connais. Je n’ai plus autant envie qu’avant. Même si je maîtrise les différents paramètres, je n’ai plus la même motivation».
Ce manque de jus vient principalement d’une organisation qu’il juge défaillante. «C’est vrai, note-t-il. On privilégie les coureurs de l’extérieur. Les Réunionnais passent après. C’est plus que dommage. Pour s’inscrire, c’est tout un cirque. Seuls Charles Fontaine, qui a fini second l’an dernier, et moi-même avons pu obtenir des places dans mon club, explique-t-il, amer. J’aime pas ça. C’est stressant de s’inscrire. Beaucoup ne sont pas contents. J’espère qu’ils ne feront rien qui puisse nuire à l’épreuve».
S’il dit clairement cela, on ne le sentirait pas gêné de voir certains de ses camarades embêter l’organisation. «J’entends çà et là que des coureurs pourraient boucher le sentier, avance-t-il. D’autres émettent l’idée de partir une heure ou deux avant le départ réel. Vous vous rendez compte : 600 personnes n’ont pu obtenir une place. Cette course à la Réunion barre son accès aux Réunionnais». Il est virulent Jacky Murat. Et on le comprend : «Quand certaines choses me paraissent anormales, je me dois de les dénoncer». Et croyez-nous, il ne se prive pas…

Ludovic Matten

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