La dixième édition du Grand Raid dans sa
nouvelle version est programmée les 18, 19 et 20 octobre prochains.
On a fait du neuf avec du vieux puisque le parcours reste inchangé
avec un départ de Langevin et une arrivée à Saint-Denis, soit 125 km
de course, 8 000 mètres de dénivelé positif et autant de négatif
(!). Reste qu’une modification importante apparaît une fois Cilaos
quitté. Le cyclone Dina ayant endommagé le sentier du col des Bœufs,
on passera donc par le col de Fourche. Et pour combler le déficit
kilométrique, on fera un crochet par Trois Roches dans Mafate. La
manifestation a atteint son maximum en capacité d’accueil, ce qui
nous fait donc 2 200 dossards distribués dont 1 300 pour les
coureurs locaux (pour la catégorie reine). On retiendra néanmoins
que les concurrents du semi partiront de Cilaos pour rallier la
Redoute. Enfin, Pascal Parny, le vainqueur de l’édition 2001 ne sera
pas de la partie. Il l’avait promis au soir de son succès record
(16h01’). |
REPÈRES
• CLAIR DE LUNE Cela faisait
deux ans que le Grand Raid ne s’était couru par pleine lune. Cette
année, tous les participants pourront bénéficier si la météo le
permet d’un allié supplémentaire pour mieux être guidés sur les 125
km du parcours.
• L'INTENDANCE 21 postes à
desservir dont cinq par héliportage. 250 personnes au total dont
des médecins, des kinésithérapeutes, 70 à 80 élèves infirmières, des
podologues, le SAMU, PGHM… 20 véhicules dont 14 fourgons, 3
camions frigo, une fourgonnette, deux tout-terrain. 20 rotations
d’hélicoptère pour approvisionner et débarrasser les postes
inaccessibles par la route. (Kerveguen, Marla, Crête, Roche-Ecrite,
Gîte des Chicots, Piton Fougères) 22 000 litres d’eau ; 8 500
litres de boissons gazeuses, 2 tonnes de poulet, 10 000 soupes, 600
kg de pâtes, 650 kg de riz, 13 000 bananes, 750 kg d’oranges, 450 kg
de fruits secs, 15 000 assiettes, 1 500 sacs poubelle,…
• UNIVERSEL Deux-tiers de
Réunionnais, un autre de métropolitains et d’étrangers représentant
18 nations (Allemagne, Angleterre, Australie, Autriche, Suisse…), le
Grand Raid est depuis quelques années universel. Et véhicule dans le
monde entier l’image de la Réunion.
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Tout ce qu'il faut
savoir sur la diagonale des fous à trois mois du départ
Grand
Raid 2002 : deux changements conditionnés par Dina

L’association Grand Raid se prépare à
fêter son dixième anniversaire depuis le dimanche 21 octobre 2001. A peine
la neuvième édition bouclée, le noyau dur des organisateurs est déjà sur
la brèche. La grosse machine exclusivement constituée de bénévoles (qui
payent 50 F leur droit d’entrée) ne connaît pas le sommeil, tout juste se
reposera-t-elle un peu pour mieux repartir.
DES «MARRONS» MÉCONTENTS
Dans trois
mois jour pour jour, ils seront 2750 toutes catégories (Grand Raid, Semi
Raid et Mini Raid) à s’élancer de la pointe sud de l’île. On le sait
depuis avril dernier, le système des inscriptions qui a été modifié cette
année n’a pas fait que des heureux. Exit le mailing pour ne pas favoriser
les anciens participants «tout le monde est sur le même pied d’égalité»,
Robert Chicaud, le président de l’association pensait bien dire. Or, entre
le courrier postal, l’électronique et l’inscription physique au siège
dionysien, on a assisté à une grande pagaille. Nombreux sont ceux qui
n’ont pas compris quand ils ont reçu la douloureuse nouvelle, quand on
leur a dit qu’ils ne pourraient participer à cet anniversaire. Depuis,
entre insultes, menaces verbales et physiques, le Grand Raid est dans la
tourmente. Pour calmer le jeu, l’organisation a souhaité recevoir les
suggestions de tous pour que l’on retrouve la sérénité en 2003 puisqu’il
est «impossible de recommencer les inscriptions si proche de la course»,
nous expliquait récemment Robert Chicaud. On sait depuis une dizaine de
jours (voir notre édition du 5 juillet) qu’une quinzaine de «mécontents»
ont prévu d’organiser un Raid sauvage en marge de l’officiel en prenant le
départ une heure plus tôt et en empruntant les mêmes sentiers…
UN DÉPART DE CIALOS POUR LE
Semi-Raid
Pour en revenir à la course, il existe deux
changements notables dans le parcours de l’épreuve principale. «Suite au
passage du cyclone Dina en début d’année, le sentier du col des Bœufs vers
Grand Sable (bascule de Mafate à Salazie) est impraticable», explique
Philippe Charbonnel, le responsable de la communication. Les coureurs
emprunteront donc le col de Fourche puis Piton Marmite, Bord Martin, et
enfin la route entre le Bélier et Grand Ilet. Ce qui a pour conséquence de
diminuer les distances et le dénivelé originaux. «C’est pourquoi on fera
un crochet par Trois Roches entre Marla et La Nouvelle», ajoute Philippe
Charbonnel. Inédite, cette partie devra donc être reconnue d’ici 90 jours
par les 1 300 Réunionnais inscrits. D’autre part, le Semi Raid (60 km)
ne partira plus de Saint-Joseph mais de Cilaos où jusqu’à l’an dernier se
jugeait l’arrivée. Départ du cirque donc pour une arrivée à la Redoute en
compagnie des autres raiders, quoi que l’arrivée des premiers
«semi-raiders» est prévue le vendredi après-midi. «Nous avons décidé ce
changement pour mettre en valeur l’épreuve et les concurrents du semi et
pour donner davantage d’animation à la Redoute», commente Philippe
Charbonnel. Autre avantage qui a son importance, cela permettra de
décongestionner plus de la moitié du parcours et notamment la montée vers
le Volcan et le passage des ravines. Précision utile : des temps limites
seront imposés aux concurrents du semi pour ne pas que les derniers gênent
les premiers du Grand Raid. A l’occasion de ce dixième anniversaire, le
site de La Redoute sera animé comme jamais. Tous les concurrents qui
auront rallié le chef-lieu d’ici le dimanche 20 octobre participeront
alors à un immense «carry party» suivit d’un «bal la poussière» que l’on
promet mémorable.
GROS PLAN : La Diagonale des «Sous», un budget à la hauteur
de l’événement
On parle souvent des
fous qui s’élancent à l’assaut des 125 km de sentiers du Grand Raid. Mais
la douzaine de personnes qui constituent le comité directeur de l’épreuve
ne l’est-il pas lui aussi un peu (beaucoup) pour se lancer dans une telle
aventure ?
Le Grand Raid dispose d’un budget de 411
600 euros (soit 2,70 MF) réparti comme suit : 205 800 € (1,35 MF)
provenant des inscriptions (90 et 120 euros par personne respectivement
pour les Réunionnais et les «extérieurs»); 76 000 € (500 kF) des
collectivités locales ; 130 000 € (850 kF) des partenaires privés qui
sont environ une quarantaine. Quand on pouvait partir la fleur au
fusil voici dix ans puisque «seulement» 500 coureurs étaient au départ, il
faut aujourd’hui tenir un cahier de comptes des plus précis pour subvenir
aux dépenses. Avec cinq fois plus de participants, ce sont aujourd’hui
cinquante tonnes de vivres qu’il faut acheminer sur la vingtaine de postes
du parcours en fourgons, 4x4, hélicoptère… Des denrées que l’on paie
contrairement à d’autres marchandises où l’échange est souvent le nerf
principal. Ainsi, la réalisation des dossiers de presse, la location d’un
hélicoptère… peuvent également être inscrits dans la case «recettes» même
s’il est difficile de les quantifier. Association à but non lucratif,
le Grand Raid ne peut faire de bénéfices. Mais se doit d’équilibrer son
budget. Ainsi, depuis quelques années, elle tient son stand au village de
la Redoute durant trois jours. La vente des produits estampillés «Grand
Raid» (tee-shirts, montres, casquettes,…) rapporte environ 30 000 €
(200 kF). Cet effort considérable a cependant une forte incidence sur
l’économie locale. Le Grand Raid apporte environ 1,5 millions d’euros (10
MF) aux commerces réunionnais. Ainsi, les quelques 600 engagés hors
département passent en moyenne deux semaines dans l’île. Selon une enquête
réalisée en octobre 2000 par Synergie ATM pour l’association, ces
concurrents ont dépensé en moyenne 1.150 € (7 500 F) durant leur
séjour (avion, hébergement, logement, loisirs). 65 % des sondés ont résidé
dans des établissements payants (hôtels, gîtes…) et 72 % ont loué une
voiture. Enfin, et pour la petite histoire. Les vainqueurs dames et
messieurs, empocheront un chèque de 685 euros (4 500 F), un billet
d’avion, une coupe et l’inscription à la finale nationale des Raids. Rien
n’a changé depuis le début. A ce niveau, le Grand Raid ne connaît pas
d’inflation.
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